Elle ne pèse qu’une dizaine de grammes, mais on ne voit qu’elle autour des mangeoires. La mésange bleue, Cyanistes caeruleus, est l’une des espèces les plus communes et les plus attachantes de nos jardins. En hiver, quand les insectes se font rares, elle se rapproche des maisons : c’est le moment idéal pour l’observer et lui donner un coup de pouce.
Comment reconnaître la mésange bleue
Avec ses 11 à 12 cm, elle est nettement plus petite qu’un moineau. Ses signes distinctifs :
- une calotte bleu azur, bordée de blanc ;
- des joues blanches traversées par un fin trait noir qui passe par l’œil ;
- une poitrine et un ventre jaunes, parfois marqués d’une petite tache sombre au centre ;
- des ailes et une queue bleues, le dos vert olive ;
- un bec court et fin, adapté à la capture de petits insectes.
Mâle et femelle se ressemblent beaucoup ; le mâle présente simplement un bleu un peu plus vif. Les jeunes de l’année, visibles en été, ont des joues jaunâtres et des couleurs plus ternes.
Mésange bleue ou mésange charbonnière ?
Les deux espèces fréquentent les mêmes mangeoires et partagent le ventre jaune, d’où quelques confusions. La mésange charbonnière est plus grande, porte une tête entièrement noire avec de larges joues blanches et une cravate noire qui descend sur le ventre. La mésange bleue, plus menue, se reconnaît immédiatement à sa calotte bleue. Si vous débutez, notre guide pour reconnaître les oiseaux du jardin présente les autres espèces que vous croiserez à la mangeoire.
Un chant et un comportement très vifs
Son cri le plus fréquent est un « tsi-tsi-tsi » aigu suivi d’un trille. En hiver, elle émet aussi des petits cris de contact secs et grinçants, surtout lorsqu’elle se déplace en groupe.
C’est une véritable acrobate : on la voit souvent suspendue la tête en bas au bout d’une branche fine ou sous une boule de graisse. En automne et en hiver, elle rejoint des rondes mixtes avec d’autres mésanges, des roitelets et des sittelles, qui parcourent les haies et les jardins à la recherche de nourriture. Cette vie en bande lui permet de mieux repérer les ressources et les prédateurs.
Ce que mange la mésange bleue
Au printemps et en été, elle se nourrit surtout d’insectes, d’araignées et de chenilles : un couple peut en apporter des milliers à sa nichée. C’est une précieuse alliée du jardinier contre certains ravageurs.
En hiver, son régime s’élargit aux graines, aux bourgeons et aux matières grasses. Elle apprécie particulièrement :
- les graines de tournesol, noires ou décortiquées ;
- les arachides non salées, proposées dans une mangeoire grillagée ;
- les pains de graisse végétale sans filet ;
- les petits morceaux de pomme.
Évitez le pain, le lait et tout aliment salé ou assaisonné, qui ne lui conviennent pas.
Comment l’aider à passer l’hiver
Nourrir sans excès
Le nourrissage d’appoint se pratique quand le froid s’installe, généralement de mi-novembre à fin mars, et surtout lors des périodes de gel ou de neige. Une fois commencé, restez régulier : les oiseaux comptent sur cette source. Réduisez progressivement au printemps, quand les insectes reviennent.
Garder des mangeoires propres
Les rassemblements autour des mangeoires favorisent la transmission de maladies. Nettoyez-les régulièrement et retirez les restes humides, comme nous l’expliquions dans notre article sur le nettoyage des mangeoires.
Offrir de l’eau
Une coupelle d’eau fraîche, changée chaque jour et dégelée les matins de gel, est aussi utile que la nourriture : elle sert à boire et à entretenir le plumage.
Penser au nichoir dès maintenant
La mésange bleue niche dans des cavités. Un nichoir avec un trou d’envol de 25 à 28 mm de diamètre lui convient et décourage les espèces plus grandes. Installez-le dès l’automne ou l’hiver, à 2 ou 3 m de hauteur, à l’abri des vents dominants et hors de portée des chats. Les oiseaux l’utilisent parfois comme dortoir avant d’y nicher au printemps.
Une espèce commune mais protégée
Comme la plupart des oiseaux de nos jardins, la mésange bleue est protégée en France : il est interdit de la capturer, de la détenir ou de détruire ses nids. Le meilleur moyen de la protéger reste un jardin vivant, avec des haies variées, des arbres et le moins de pesticides possible.