Nettoyer ses mangeoires à oiseaux au moins une fois par semaine pendant la saison de nourrissage, c’est le geste le plus utile pour protéger les visiteurs du jardin. Là où de nombreux oiseaux se retrouvent au même endroit, les maladies circulent vite, à commencer par la trichomonose. Une routine simple permet de nourrir sans créer de risque supplémentaire.
Pourquoi une mangeoire sale est un problème
En temps normal, les oiseaux se dispersent pour trouver à manger. Une mangeoire fait l’inverse : elle réunit au même endroit des oiseaux de différentes espèces, qui se croisent, picorent les mêmes graines et laissent leurs fientes à proximité. Si un individu est malade, l’agent pathogène peut se transmettre par la nourriture et l’eau souillées.
Les graines humides qui moisissent ajoutent un autre risque, tout comme les restes accumulés au sol qui attirent aussi les rongeurs. Nourrir les oiseaux reste un plaisir, à condition de l’accompagner de cette hygiène. Pour la nourriture elle-même, notre guide pour bien nourrir les oiseaux en hiver rappelle quels aliments proposer et lesquels bannir.
À quelle fréquence nettoyer ?
Les recommandations de protection des oiseaux convergent : au moins une fois par semaine, et davantage si la mangeoire est très fréquentée ou par temps doux et humide. Les abreuvoirs demandent plus d’attention encore, avec une eau changée chaque jour.
Entre deux nettoyages, retirez les graines mouillées ou agglomérées et balayez le sol sous le poste. Mieux vaut remplir souvent de petites quantités que charger une mangeoire pour dix jours : les graines restent ainsi fraîches et sèches.
La méthode, étape par étape
Prévoyez une brosse réservée à cet usage et des gants, puis procédez de préférence à l’extérieur, et non dans l’évier de la cuisine.
- Videz entièrement la mangeoire et jetez les restes de graines et les fientes dans un sac fermé.
- Lavez à l’eau chaude savonneuse en brossant les recoins, notamment les perchoirs et les orifices.
- Rincez abondamment.
- Désinfectez si besoin, avec une solution d’eau de Javel très diluée suivant les indications du flacon, surtout si vous avez observé des oiseaux malades.
- Rincez de nouveau soigneusement et laissez sécher complètement avant de remplir.
Lavez-vous bien les mains à la fin, car certaines maladies des oiseaux, comme la salmonellose, peuvent se transmettre à l’être humain.
La trichomonose : la reconnaître
La trichomonose est causée par un parasite, Trichomonas gallinae, qui se loge dans le haut du tube digestif. Elle touche particulièrement le verdier d’Europe et le pinson des arbres, deux habitués des mangeoires, dont les populations peuvent être très affectées localement.
Les signes qui doivent alerter sont les suivants :
- un oiseau immobile, gonflé, qui se laisse approcher ;
- un plumage ébouriffé, souvent mouillé ou sali autour du bec ;
- une difficulté à avaler, avec des graines qu’il reprend sans parvenir à les déglutir ;
- plusieurs oiseaux affaiblis ou morts autour du même poste.
Ces symptômes ne permettent pas un diagnostic certain, car d’autres maladies peuvent se manifester de façon comparable. Mais le bon réflexe reste le même.
Que faire si vous repérez des oiseaux malades
Arrêtez immédiatement le nourrissage, sans attendre. Cela paraît contre-intuitif en plein hiver, mais c’est la meilleure aide possible : les oiseaux se dispersent et trouvent d’autres sources de nourriture dans le voisinage.
La LPO préconise une interruption d’au moins 10 à 15 jours, et une reprise uniquement après la disparition des oiseaux malades. Certains conseils vont jusqu’à un mois lorsque la mortalité est visible. Dans le doute, prolongez l’arrêt. Pendant ce temps :
- videz, nettoyez et désinfectez mangeoires et abreuvoirs ;
- ramassez les graines tombées au sol ;
- déplacez les postes de nourrissage au moment de la reprise ;
- manipulez les oiseaux morts uniquement avec des gants.
Pour un oiseau vivant en difficulté, ou en cas de mortalité importante, contactez un centre de sauvegarde de la faune sauvage ou votre association locale de protection des oiseaux. Ne tentez pas de le soigner vous-même.
Limiter les risques au quotidien
Quelques choix d’installation réduisent les contacts entre oiseaux :
- répartissez plusieurs petits postes dans le jardin plutôt qu’un grand point unique ;
- préférez les silos et distributeurs où l’oiseau ne marche pas sur les graines ;
- abritez la nourriture de la pluie ;
- évitez de déposer les graines à même le sol, sauf en très petite quantité.
Ces précautions sont d’autant plus utiles à partir de novembre, quand les oiseaux du jardin se rassemblent. Un poste propre, c’est aussi le meilleur moyen de profiter longtemps de leur compagnie derrière la fenêtre.