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Canards en hiver : abri, eau qui gèle, alimentation, les bons réflexes pour vos canards de basse-cour

Bonne nouvelle pour les éleveurs amateurs : les canards en hiver s’en sortent souvent mieux que les poules. Leur plumage imperméable et leur épaisse couche de duvet les protègent efficacement du froid. Leurs vrais ennemis sont ailleurs : l’eau qui gèle, la litière humide et, certaines années, le risque de grippe aviaire.

Les canards craignent-ils le froid ?

Les races domestiques, du canard de Barbarie au coureur indien, descendent pour la plupart du colvert, un oiseau qui hiverne sans difficulté sous nos latitudes. Leur plumage est entretenu par la sécrétion de la glande uropygienne, à la base de la queue, que le canard étale en se lissant les plumes. Sous ce manteau imperméable, le duvet emprisonne l’air chaud.

Leurs pattes, dépourvues de plumes, résistent elles aussi grâce à un système d’échange de chaleur dans les vaisseaux sanguins, qui limite les pertes. Un canard qui se tient sur une patte, l’autre repliée sous les plumes, ou qui se couche sur la neige, n’est pas en détresse : il économise sa chaleur.

Un canard en bonne santé n’a donc pas besoin d’un abri chauffé. Il a besoin d’un abri sec.

Un abri sec et aéré

L’humidité est le principal problème de l’hiver. Un canard boit beaucoup, barbote et éclabousse : la litière se mouille vite, et un plumage souillé isole moins bien.

  • Une litière épaisse : paille ou copeaux, à renouveler dès qu’elle devient humide ou tassée.
  • Une bonne aération sans courant d’air au niveau du sol : l’air humide doit pouvoir s’échapper par le haut.
  • L’abreuvoir à l’extérieur de l’abri pendant la nuit si possible, pour limiter les éclaboussures sur la litière.
  • Une fermeture solide : les nuits longues sont propices aux visites du renard. Nos conseils pour protéger son poulailler des prédateurs valent aussi pour un abri à canards.
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L’eau : le vrai défi de l’hiver

Un canard doit pouvoir plonger entièrement la tête dans l’eau. C’est ainsi qu’il nettoie ses narines et ses yeux, et qu’il avale correctement sa nourriture. Un simple abreuvoir à poules ne suffit pas.

Quand il gèle :

  • remplacez l’eau au moins deux fois par jour, avec de l’eau tiède plutôt que chaude ;
  • utilisez un récipient large et assez profond, en caoutchouc souple, qui ne casse pas avec la glace ;
  • un socle chauffant pour abreuvoir peut rendre service lors des longues périodes de gel, à condition que l’installation électrique soit protégée de l’humidité.

Pour la mare ou le bassin, cassez la glace sur une partie de la surface pour garder un accès à l’eau, mais n’encouragez pas les canards à nager dans une eau entourée de glace par grand froid. N’utilisez jamais de sel ou de produit antigel.

Adapter l’alimentation

Pour maintenir leur température, les canards dépensent davantage d’énergie en hiver. Ils trouvent aussi moins de vers, de limaces et de végétaux dans le jardin.

Proposez un aliment complet pour palmipèdes en quantité un peu plus généreuse, complété par des céréales concassées, comme du maïs, en fin de journée. Les légumes du potager (feuilles de chou, courges cuites ou râpées, salades) sont appréciés. Évitez en revanche le pain, pauvre en nutriments et qui gonfle dans l’estomac. Posez toujours la nourriture près de l’eau : un canard alterne naturellement bouchées et gorgées.

Ponte et comportement en hiver

Comme chez les poules, la ponte diminue ou s’arrête avec la baisse de la durée du jour. C’est normal : laissez les canes se reposer, sans éclairage artificiel. Elle reprend au printemps. Certaines races, comme le canard coureur indien, restent toutefois réputées pour leur ponte généreuse sur une bonne partie de l’année.

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Grippe aviaire : rester vigilant

L’automne et l’hiver correspondent au passage des oiseaux migrateurs, qui peuvent transporter l’influenza aviaire. En France, le ministère de l’Agriculture fixe un niveau de risque. Lorsqu’il est élevé, les détenteurs de volailles et de canards, y compris les particuliers, doivent appliquer des mesures de protection, comme la mise à l’abri ou la pose de filets empêchant le contact avec les oiseaux sauvages. Consultez le niveau en vigueur sur le site du ministère et respectez les consignes.

Rappelons aussi que tout détenteur de volailles, même pour quelques canards au jardin, doit être déclaré à la mairie de sa commune.

Les signes qui doivent alerter

Un canard isolé, en boule, qui ne mange plus, dont le plumage paraît mouillé jusqu’au duvet, qui boite ou respire bruyamment doit être isolé dans un endroit sec et examiné rapidement par un vétérinaire. Une mortalité soudaine dans le groupe doit être signalée sans attendre, en particulier en période de grippe aviaire.

Avec un abri sec, une eau toujours accessible et une ration adaptée, vos canards traverseront l’hiver sans encombre, comme vos poules, dont nous détaillions les besoins dans notre article sur les poules en hiver.