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Canard coureur indien : caractère, ponte et conditions d’élevage de ce canard qui marche debout

Avec sa posture presque verticale et sa façon de trottiner en file indienne, le canard coureur indien ne passe jamais inaperçu. Rustique, bon pondeur et grand chasseur de limaces, il séduit de plus en plus de jardiniers et d’amateurs de basse-cour. Voici ce qu’il faut savoir avant d’en accueillir, en gardant son bien-être au centre.

Origines d’une silhouette étonnante

Le coureur indien descend des canards domestiques élevés en Asie du Sud-Est, notamment dans l’archipel indonésien, où ils étaient menés à pied d’une rizière à l’autre par leurs éleveurs. Cette vie de marcheur explique sa morphologie. Importé en Grande-Bretagne au XIXe siècle, il y a été sélectionné et standardisé, avant de se diffuser dans toute l’Europe.

Malgré son nom, il n’a donc pas grand-chose d’indien. Comme la grande majorité des canards domestiques, à l’exception du canard de Barbarie, il descend du colvert.

Reconnaître un coureur indien

  • Port : presque vertical, le corps étroit et allongé évoque une bouteille ou une quille de bowling.
  • Taille : souvent entre 50 et 70 cm de haut quand il se tient bien droit, selon les lignées.
  • Poids : léger pour un canard, généralement entre 1,5 et 2,5 kg, les femelles étant plus légères que les mâles.
  • Couleurs : nombreuses variétés reconnues, dont blanc, truité, fauve et blanc, chocolat, noir ou bleu.
  • Démarche : il ne se dandine pas, il court, le cou tendu vers l’avant.

Le coureur indien vole très peu, voire pas du tout. Une clôture d’une soixantaine de centimètres suffit souvent à le contenir, à condition qu’elle le protège aussi des prédateurs.

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Un caractère vif mais grégaire

C’est un canard actif, curieux et un peu craintif. Il vit en groupe et supporte très mal la solitude : on n’en adopte jamais un seul, mais au minimum deux ou trois, idéalement un mâle pour plusieurs femelles afin d’éviter que les femelles ne soient trop sollicitées. Les mâles se reconnaissent à la petite plume enroulée sur le croupion et à leur voix plus faible, les femelles cancanent nettement plus fort.

Manipulé jeune et avec douceur, il devient assez familier, sans être aussi câlin qu’une poule apprivoisée. Il déteste être poursuivi : pour le rentrer le soir, mieux vaut le guider calmement en groupe, comme le faisaient les éleveurs asiatiques.

Une bonne pondeuse

Le coureur indien est réputé pour sa ponte. Une femelle en bonne santé pond couramment entre 150 et 200 œufs par an, parfois davantage dans les lignées sélectionnées. Les œufs sont blancs, crème ou verdâtres, un peu plus gros que des œufs de poule. La ponte ralentit fortement en hiver, quand les jours raccourcissent, et pendant la mue.

Les femelles couvent rarement. Si vous souhaitez des canetons, il faudra souvent passer par une couveuse ou confier les œufs à une poule couveuse.

Logement : simple, mais à l’abri des prédateurs

Le coureur indien est rustique et supporte bien le froid, mais il a besoin :

  • d’un abri fermé pour la nuit : renard, fouine et chiens errants sont ses principaux dangers. Un cabanon ventilé, sans perchoir (les canards dorment au sol), avec une litière de paille épaisse, convient bien ;
  • d’un parcours herbeux : il passe ses journées à fouiller le sol et l’herbe. Comptez plusieurs mètres carrés par oiseau, davantage s’il ne sort pas au jardin ;
  • d’eau propre en permanence, assez profonde pour qu’il puisse y plonger la tête et nettoyer ses yeux et ses narines. Une mare n’est pas indispensable, mais un bac où il peut barboter améliore nettement son confort.
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En hiver, pensez à casser la glace des abreuvoirs plusieurs fois par jour par temps de gel, et à renouveler la litière souvent, car les canards salissent beaucoup.

Alimentation et vie au jardin

Le coureur indien se nourrit en grande partie de ce qu’il trouve : limaces, escargots, vers, larves et herbe. C’est ce qui en fait l’allié des potagers. Il faut toutefois le compléter avec un aliment adapté aux canards ou aux palmipèdes, distribué de préférence avec de l’eau à proximité. Pendant la ponte, un apport de calcium (coquilles d’huîtres broyées) est utile.

Au potager, il ne grattera pas la terre comme une poule, mais il piétine et peut goûter aux jeunes salades. Le plus simple consiste à le laisser circuler dans les allées et sur les planches déjà bien installées, et à protéger les semis.

Santé et précautions

Les points de vigilance sont classiques chez les palmipèdes : boiterie liée à un sol trop dur ou à une blessure de patte, parasites internes, problèmes oculaires si l’eau manque. Un œil sur le comportement du groupe, une litière sèche et une eau propre préviennent beaucoup de soucis. En cas de doute, un vétérinaire habitué aux oiseaux de basse-cour reste le bon interlocuteur.

Pensez aussi à la réglementation : tout détenteur de volailles ou d’oiseaux de basse-cour, même pour un usage familial, doit déclarer ses animaux en mairie, et respecter les mesures de prévention de l’influenza aviaire fixées par les autorités selon le niveau de risque en vigueur.