Basse-cour

Mue des poules en automne : pourquoi elles perdent leurs plumes et comment les aider

Un matin d’octobre, le poulailler ressemble à un champ de plumes. Les poules paraissent dépenaillées, certaines ont un dos presque dégarni, et les œufs se font rares. Rassurez-vous : dans la majorité des cas, c’est la mue, un renouvellement naturel du plumage. La comprendre permet de mieux accompagner les poules, sans s’alarmer pour rien.

Qu’est-ce que la mue ?

Chaque année, les poules renouvellent leur plumage usé. Elle débute généralement à l’automne, quand la durée du jour diminue, et touche surtout les poules de plus d’un an : la première mue intervient habituellement vers 16 à 18 mois, la poule pondant une année complète avant. Chez les jeunes poules, le phénomène est moins visible.

La mue dure en général de six à douze semaines, parfois davantage, selon la race, l’âge et l’état de santé. Les plumes tombent selon un ordre assez régulier : le cou et le dos d’abord, puis la queue et les ailes.

Reconnaître une mue normale

  • des plumes qui tombent sur plusieurs jours, sans plaie sur la peau ;
  • de petits tuyaux (les plumes en repousse, des épis cannelés) qui apparaissent sur la peau ;
  • une ponte qui ralentit ou s’arrête ;
  • une poule un peu moins active, parfois plus frileuse ;
  • l’appétit qui reste correct.

Pourquoi la ponte s’arrête

Fabriquer des plumes demande beaucoup de protéines : le plumage est constitué à environ 85 à 90 % de protéines, ce qui est important pour l’organisme. L’énergie disponible est donc consacrée au plumage plutôt qu’aux œufs. Il est normal que la ponte diminue ou stoppe pendant ce temps, et qu’elle reprenne ensuite.

A lire aussi :  Comment bien démarrer un élevage de pintades?

Comment aider ses poules

Adapter l’alimentation

Passez à un aliment plus riche en protéines (autour de 18 à 20 %) pendant la mue, sans excès. Complétez avec :

  • un peu de graines de tournesol, de lin ou de vers de farine séchés, en friandise ;
  • des restes de légumes cuits et des légumes verts ;
  • du grit et des coquilles d’huîtres à disposition pour le calcium et la digestion.

Ne distribuez pas de grandes quantités de protéines d’un coup, et veillez à laisser toujours de l’eau propre.

Limiter le stress

Une poule en mue est sensible. Évitez les changements brusques : déplacement du poulailler, arrivée de nouvelles poules, manipulations répétées. Manipulez les poules le moins possible, car les tuyaux des plumes en repousse sont sensibles.

Protéger du froid

Le plumage manquant protège moins bien. Assurez un abri sec, sans courant d’air, avec une litière propre, comme décrit dans notre article sur les poules en hiver. Pas besoin de chauffage, mais pas de courants d’air non plus.

Mue ou problème de santé ?

Une mue normale ne s’accompagne pas de peau rouge, de croûtes ou d’animaux affaiblis. Surveillez ces signes :

  • des plaques dégarnies localisées, avec peau irritée : parasites comme les poux rouges ou les acariens, à vérifier le soir sur les perchoirs et sous les ailes ;
  • des plumes arrachées par les congénères, avec plaies : picage, souvent lié à la surpopulation, à l’ennui ou à un déficit alimentaire ;
  • une perte de poids, une poule abattue qui ne mange plus : maladie à signaler à un vétérinaire.

Si vous avez un doute, consultez un vétérinaire ou un éleveur expérimenté.

A lire aussi :  Poules en hiver : abri, eau, lumière et ponte, les bons réflexes avant les gelées

Profiter de la mue pour faire le point

C’est le bon moment pour nettoyer le poulailler, traiter les perchoirs contre les acariens, renouveler la litière et vérifier la répartition des poules. Cela se prolonge naturellement avec le plaisir d’avoir des œufs frais : voir notre article sur les poules à la maison.

Et les oiseaux sauvages muent aussi à cette période : apprenez à les observer en lisant comment reconnaître les oiseaux du jardin.