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Chardonneret élégant : comment reconnaître ce petit oiseau au masque rouge et pourquoi il est menacé en France

Le chardonneret élégant se reconnaît à son masque rouge, à sa tête noir et blanc et à sa large barre jaune sur l’aile. Ce petit passereau familier des friches et des jardins est classé vulnérable sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France, et il est protégé par la loi : sa capture et sa détention sont interdites. En hiver, il devient plus visible, souvent en petits groupes sur les plantes montées en graines.

Comment reconnaître le chardonneret élégant

Mesurant environ 12 cm, Carduelis carduelis a un plumage impossible à confondre une fois qu’on l’a bien vu.

  • La tête : masque rouge autour du bec, joues blanches et calotte noire.
  • Le corps : dos brun, ventre clair lavé de brun sur les flancs.
  • Les ailes : noires, traversées d’une large barre jaune vif, qui saute aux yeux en vol.
  • La queue : noire, ponctuée de taches blanches.
  • Le bec : assez long et pointu, de couleur claire.

Mâle et femelle se ressemblent beaucoup. Le jeune, lui, a une tête beige et grisâtre sans masque rouge, mais il porte déjà la barre jaune sur l’aile : c’est le meilleur indice pour le différencier d’un autre petit passereau. Son chant, rapide, liquide et très mélodieux, s’accompagne de petits cris répétés en vol, et ce vol lui-même dessine de jolies ondulations.

Un spécialiste des graines

Son nom français vient directement de son attirance pour les chardons. Le bec fin du chardonneret lui permet d’extraire les graines de plantes comme le chardon, la cardère, le séneçon ou le pissenlit. Il se suspend volontiers aux capitules, dans des positions acrobatiques.

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En hiver, il fréquente les friches, les bords de chemins et les jardins. Une partie des oiseaux peut se déplacer vers des secteurs plus cléments, et les groupes se mêlent parfois à d’autres granivores, comme le pinson des arbres.

Une espèce protégée, en net recul

Le chardonneret est protégé en France depuis 1981. Son statut actuel repose sur l’arrêté du 29 octobre 2009 : sont notamment interdits sa capture, sa détention, son transport, son achat et sa vente. L’Office français de la biodiversité (OFB) rappelle dans ses communiqués que ces infractions peuvent constituer des délits, avec des peines pouvant atteindre trois ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende dans les affaires de trafic.

Les données relayées par l’OFB traduisent une baisse importante des effectifs : son communiqué de 2021 mentionne une réduction de 40 % entre 2006 et 2016. Deux grandes causes se conjuguent :

  • la raréfaction des plantes à graines, liée à l’agriculture intensive, aux herbicides et à la tonte systématique des bords de chemins ;
  • le braconnage, car l’oiseau reste recherché pour la beauté de son plumage et de son chant.

Si vous remarquez une capture à la glu, un filet ou une vente suspecte, contactez le service départemental de l’OFB ou la gendarmerie. Évitez d’intervenir vous-même. Et si vous envisagez d’accueillir un oiseau chanteur à la maison, sachez qu’un chardonneret proposé dans une annonce ou sur un marché pose un sérieux problème légal et éthique.

L’attirer au jardin en hiver

Le premier geste consiste à laisser une partie du jardin un peu sauvage. Gardez des tiges sèches de cardères, de chardons, de bleuets ou de tournesols jusqu’à la fin de l’hiver, plutôt que de tout couper à l’automne. Une petite zone non tondue fournit plus de nourriture que n’importe quel accessoire.

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En mangeoire, proposez des graines fines. Les graines de niger, servies dans un distributeur à petits orifices, et les graines de tournesol décortiquées sont bien acceptées. Ne donnez ni pain, ni restes salés. Et abandonnez herbicides et insecticides, qui réduisent la flore et les insectes dont dépendent aussi les poussins au printemps.

La propreté compte beaucoup pour ces petits granivores qui se regroupent. Nettoyer régulièrement ses mangeoires limite la transmission de maladies comme la trichomonose. Un point d’eau propre, renouvelé et dégelé, leur est tout aussi utile les matins de gel.

Où et quand l’observer

Vous aurez les meilleures chances dans les friches, les vergers, les parcs, les bordures de champs et les jardins peu traités. Repérez les tiges sèches et écoutez les petits cris métalliques du groupe en vol. Des jumelles légères suffisent : restez à distance pour ne pas le déranger, surtout par temps froid, quand chaque gramme d’énergie compte. Si votre jardin vous a déjà permis de croiser un bouvreuil pivoine, il y a de bonnes chances que le chardonneret y trouve aussi son compte, pour peu que vous lui laissiez quelques plantes en graines.