Le merle noir (Turdus merula) fait partie de ces oiseaux qu’on croit tous connaître. Pourtant, seul le mâle adulte est vraiment noir : la femelle et les jeunes, bruns, sont régulièrement pris pour une autre espèce. En hiver, ce familier des pelouses se rapproche des maisons et apprécie un petit coup de main, à condition de lui proposer les bons aliments.
Comment reconnaître un merle noir
Le merle noir mesure environ 24 à 27 cm pour une envergure de 34 à 38 cm et un poids adulte de l’ordre de 80 à 115 g, selon les fiches consultées. C’est donc un oiseau de bonne taille, plus grand qu’un moineau et plus élancé qu’un étourneau, avec une longue queue qu’il relève souvent en se posant.
Le mâle adulte arbore un plumage entièrement noir, un bec jaune orangé et un fin cercle de la même couleur autour de l’œil. La femelle porte une livrée brun sombre, parfois légèrement tachetée sur la poitrine, avec un bec plus terne. Le jeune, lui, paraît roussâtre et marqué de taches claires. Quand il sort du nid, il sautille maladroitement au sol, ce qui alarme à tort beaucoup de promeneurs : ses parents continuent généralement à le nourrir.
Autre confusion possible : des merles présentent parfois quelques plumes blanches. Il s’agit d’une anomalie de pigmentation qui n’en fait pas une nouvelle espèce. Pour replacer le merle parmi ses voisins, notre article pour reconnaître les oiseaux du jardin donne d’autres repères.
Un chant et des cris bien à lui
Le chant du merle compte parmi les plus appréciés de nos jardins. Flûté, posé, sans précipitation, il s’entend surtout de la fin de l’hiver au cœur de l’été, à l’aube comme au crépuscule, souvent depuis une antenne ou le sommet d’un arbre.
En automne et en hiver, il chante beaucoup moins, mais il reste bavard d’une autre façon. Son cri d’alarme, une série de notes sonores et précipitées, retentit à l’approche d’un chat ou à la tombée du jour, au moment de gagner son dortoir.
Que fait le merle noir en hiver ?
Le merle noir est un migrateur partiel. Certains individus restent toute l’année sur place, alors que d’autres se déplacent, notamment depuis le nord et l’est de l’Europe. Le merle que vous observez en janvier n’est donc pas forcément celui qui chantait au printemps.
Son régime change avec les saisons. Pendant la période de reproduction, il consomme surtout des vers de terre, des insectes et des larves. C’est lui qu’on voit sur la pelouse, immobile, la tête penchée, avant de tirer un ver du sol. À l’automne et en hiver, fruits et baies prennent une place importante : pyracantha, lierre, sureau, aubépine et pommes tombées l’attirent particulièrement.
Comment l’aider sans lui nuire
Quand le sol gèle, la recherche de nourriture devient difficile, et c’est le moment où un coup de pouce peut servir. Le merle se nourrit surtout au sol ou sur une surface large : il fréquente peu les mangeoires suspendues.
- Proposez des morceaux de pommes ou de poires, même abîmés, des raisins secs réhydratés et un mélange de graines pour oiseaux du sol.
- Évitez le pain, le lait, les restes salés et tout aliment moisi.
- Disposez la nourriture dans un endroit dégagé, à quelques mètres d’un buisson où il pourra se réfugier, hors de portée des chats.
- Laissez de l’eau en petite quantité dans une coupelle peu profonde, et renouvelez-la après le gel.
Veillez aussi à la propreté : les points d’alimentation peuvent favoriser la transmission de maladies. Notre guide pour nettoyer ses mangeoires s’applique aussi aux plateaux et aux coupelles. Pour le reste de vos protégés, retrouvez nos conseils pour nourrir les oiseaux en hiver.
Un jardin accueillant toute l’année
Le meilleur nourrissage reste encore un jardin vivant. Une haie d’essences locales fournit baies et abri, un coin de feuilles mortes abrite vers et insectes, et une pelouse non traitée garantit une nourriture sans pesticides. Le merle y trouvera aussi un lieu de nidification : il installe volontiers son nid en coupe dans un arbuste dense ou contre un mur couvert de lierre. Évitez donc les grosses tailles au printemps.
Côté réglementation, le merle noir est classé en préoccupation mineure et figure parmi les espèces chassables en France, un statut à vérifier auprès des textes en vigueur pour tout usage précis. Au jardin, il n’est ni nuisible ni à capturer : observez-le simplement et laissez-le vivre à son rythme.