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Pic épeiche : comment reconnaître ce pic noir, blanc et rouge et l’attirer au jardin en hiver

Un éclair noir et blanc qui se pose à la verticale sur un tronc, une touche de rouge vif sous la queue : le pic épeiche est sans doute le pic que l’on a le plus de chances d’observer au jardin. Discret à la belle saison, il se montre volontiers en hiver, quand les arbres sont nus et que les mangeoires se remplissent. Voici comment le reconnaître à coup sûr et l’accueillir dans de bonnes conditions.

Carte d’identité du pic épeiche

Le pic épeiche (Dendrocopos major) mesure environ 23 centimètres, à peu près la taille d’un merle, mais en plus trapu. On le trouve dans presque toute la France, des grandes forêts aux parcs urbains, dès qu’il y a quelques arbres âgés. C’est un oiseau sédentaire : celui que vous voyez en janvier est probablement le même qu’en juin. Comme tous les pics de France, il est protégé.

Mâle, femelle, jeune : les critères d’identification

Les trois partagent les mêmes traits de base :

  • un dos noir marqué de deux grandes taches blanches ovales sur les épaules, bien visibles quand l’oiseau est posé ;
  • des ailes noires barrées de points blancs ;
  • un ventre blanc crème, sans rayures ;
  • des sous-caudales d’un rouge vif, sous la queue ;
  • une joue blanche encadrée d’un trait noir qui rejoint la nuque.

Ce qui les distingue, c’est le rouge de la tête. Le mâle porte une petite tache rouge sur la nuque. La femelle n’en a pas : sa nuque est entièrement noire. Le jeune, en été et au début de l’automne, arbore une calotte entièrement rouge, ce qui provoque bien des confusions.

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Ne pas le confondre avec ses cousins

Le pic mar

Le pic mar a lui aussi une calotte rouge, mais chez l’adulte. Il a un ventre plus rosé, finement strié sur les flancs, des sous-caudales rose pâle et un visage plus blanc, avec moins de noir. Il fréquente surtout les vieilles chênaies et vient plus rarement dans les jardins.

Le pic épeichette

Beaucoup plus petit, à peine plus grand qu’un moineau, le pic épeichette n’a pas les grandes taches blanches d’épaules : son dos est barré de blanc comme une échelle. Il n’a pas non plus de rouge sous la queue. Si vous croisez un « mini pic épeiche », c’est probablement lui.

Son tambour, la meilleure façon de le repérer

Le pic épeiche ne chante pas vraiment. Il émet un cri bref et sec, un « kik » sonore, souvent lancé en vol. Mais c’est surtout son tambourinage qui le trahit : une rafale de coups très rapides, une demi-seconde environ, frappée sur une branche morte qui résonne. Ce tambour n’a rien à voir avec la recherche de nourriture. C’est un signal territorial et nuptial, comme un chant, que l’on entend surtout de la fin de l’hiver au printemps.

Lorsqu’il se nourrit, le pic produit au contraire des coups irréguliers, plus espacés, pour creuser l’écorce ou ouvrir une pomme de pin.

Que mange le pic épeiche ?

Son régime varie au fil des saisons. Au printemps et en été, il consomme surtout des insectes et leurs larves, qu’il extrait du bois grâce à son bec puissant et à sa longue langue. En automne et en hiver, il se rabat largement sur les graines de conifères : il coince les cônes dans une fente d’écorce, sa « forge », pour en extraire les graines. Sous ces arbres, on retrouve des tas de cônes déchiquetés.

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C’est aussi un opportuniste. Il peut agrandir l’entrée d’un nichoir pour y prélever des œufs ou des oisillons de mésanges. Une plaque métallique autour du trou d’envol protège les nichoirs. Profitez de l’automne pour les vérifier en même temps que vous les nettoyez.

L’attirer au jardin en hiver

Le pic épeiche fréquente volontiers les postes de nourrissage, surtout par temps froid. Il apprécie :

  • les boules et pains de graisse, de préférence sans filet, pour qu’aucun oiseau ne s’y prenne les pattes ;
  • les cacahuètes non salées et non grillées, dans un distributeur grillagé ;
  • les graines de tournesol.

Fixez les mangeoires contre un tronc ou un piquet : le pic aime s’y agripper à la verticale, en prenant appui sur sa queue rigide. Sur la façon de nourrir sans nuire, nos conseils pour nourrir les oiseaux en hiver restent valables, avec une règle d’or : une fois commencé, le nourrissage doit être régulier jusqu’à la fin des grands froids.

Le geste le plus utile reste pourtant de conserver un arbre mort ou une grosse branche sèche quand ils ne présentent pas de danger. Ils hébergent les larves dont il se nourrit et lui offrent un tambour idéal.

Bien l’observer

Le pic épeiche est méfiant. Installez-vous derrière une fenêtre, à quelques mètres de la mangeoire, et évitez les gestes brusques. Il tourne souvent autour du tronc pour se cacher dès qu’il se sent observé. Avec un peu de patience, vous verrez le mâle et la femelle se succéder, et peut-être d’autres hôtes de l’hiver, comme le bouvreuil pivoine ou le roitelet huppé.