Oiseaux

Chouette hulotte : pourquoi on l’entend autant en automne et comment la reconnaître

Une nuit d’automne, au bord d’un bois ou même en ville près d’un grand parc, un long « hou-hou-hououou » chevrotant s’élève, suivi d’un « kiwitt » aigu. Ce dialogue est celui de la chouette hulotte, le rapace nocturne le plus répandu en France. Et ce n’est pas un hasard si on l’entend particulièrement en octobre et en novembre : c’est la saison où elle défend son territoire avec le plus d’ardeur.

Reconnaître la chouette hulotte

La chouette hulotte (Strix aluco) est un rapace nocturne de taille moyenne, un peu plus grand qu’un pigeon mais nettement plus trapu.

  • Taille : environ 37 à 39 cm de long, pour une envergure proche du mètre.
  • Silhouette : tête ronde et volumineuse, sans aigrettes (ce qui la distingue du hibou moyen-duc), corps compact.
  • Plumage : brun roux ou gris selon les individus, finement rayé et tacheté, qui la rend presque invisible contre un tronc.
  • Yeux : grands et noirs, ce qui lui donne un regard doux, très différent des yeux jaunes ou orange d’autres rapaces nocturnes.
  • Disque facial : bien marqué, bordé d’une fine ligne sombre.

Si vous vous demandez quels autres oiseaux sont actifs après le coucher du soleil, notre article les oiseaux volent-ils la nuit ? fait le point.

Un chant à deux voix

Le célèbre « hou-hou » des films d’horreur, c’est elle. Mais il faut distinguer :

  • le mâle lance un hululement long, en trois temps, se terminant par un trémolo chevrotant ;
  • la femelle répond souvent par un cri aigu et sec, transcrit « kiwitt » ou « kéwick ».
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L’association des deux, entendue dans la même nuit, a fait naître l’idée d’un unique cri « hou-kiwitt », alors qu’il s’agit d’un véritable duo entre partenaires.

Pourquoi elle est si bavarde en automne

La dispersion des jeunes

Les jeunes nés au printemps sont nourris par leurs parents jusqu’à l’été. À l’automne, ils doivent quitter le territoire familial et trouver le leur. Beaucoup échouent : la mortalité des jeunes hulottes est élevée lors de leur première année, faute de territoire libre ou de nourriture.

La défense du territoire

Les couples adultes, eux, sont très sédentaires et fidèles à leur territoire, parfois pendant toute leur vie. Face aux jeunes qui prospectent, ils chantent davantage pour signaler que la place est prise. Les nuits calmes d’octobre et de novembre, sans vent, portent ces chants très loin.

Les préparatifs de la saison suivante

Les liens du couple se renforcent pendant l’automne et l’hiver. La hulotte compte parmi les oiseaux qui nichent le plus tôt : les pontes ont souvent lieu dès la fin de l’hiver, en février ou en mars.

Mode de vie et alimentation

La hulotte chasse à l’affût, perchée sur une branche basse, avant de fondre en silence sur sa proie. Ses plumes, aux bords frangés, étouffent le bruit du vol. Son menu varie selon les lieux : surtout des petits rongeurs (mulots, campagnols), mais aussi des oiseaux, des grenouilles, des insectes et des vers de terre. En ville, elle peut se nourrir de petits passereaux et de rats.

Elle niche dans les cavités des vieux arbres, mais aussi dans des bâtiments, des greniers ou des nichoirs adaptés. Elle ne construit pas de nid.

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L’observer sans la déranger

  • Écoutez plutôt que de chercher à voir : la meilleure façon de repérer une hulotte reste son chant, à la tombée de la nuit.
  • Repérez les pelotes : au pied d’un arbre où elle se repose, on trouve parfois des pelotes de réjection contenant poils et os de ses proies.
  • Méfiez-vous du harcèlement : si des merles, des geais ou des mésanges crient avec insistance autour d’un arbre en journée, une hulotte s’y cache peut-être.
  • Pas de repasse : diffuser son chant enregistré pour la faire répondre la stresse et la détourne de sa chasse.

Comment l’aider près de chez soi

Toutes les chouettes et tous les hiboux sont des espèces protégées en France : il est interdit de les capturer, de les déranger volontairement ou de détruire leurs nids.

Pour favoriser leur présence, conservez les vieux arbres creux quand ils ne présentent pas de danger, limitez les produits anti-rongeurs qui empoisonnent aussi les rapaces, et réduisez l’éclairage nocturne du jardin. Un grand nichoir spécifique, installé en hauteur dans un arbre à l’automne ou en début d’hiver, peut aussi être adopté. Comme les petits nichoirs, il gagne à être vérifié hors période de reproduction : notre guide sur le nettoyage des nichoirs rappelle les bons moments pour intervenir.

Si vous trouvez une hulotte blessée ou un jeune au sol, ne la nourrissez pas et contactez un centre de soins pour la faune sauvage ou la LPO, qui vous indiqueront la marche à suivre.