Le pinson des arbres (Fringilla coelebs) picore sous les mangeoires dans presque tous les jardins de France. Avec ses deux barres blanches sur les ailes et son chant sonore au retour des beaux jours, il se reconnaît facilement une fois qu’on sait quoi regarder. En hiver, il a surtout besoin de graines propres et de postes d’observation tranquilles.
Comment reconnaître le pinson des arbres
C’est un passereau de la taille d’un moineau : 14 à 16 cm de long pour 17 à 30 g environ, avec une silhouette assez élancée et une queue légèrement échancrée. Quel que soit son plumage, un indice ne trompe pas : les deux barres alaires blanches, bien visibles posé comme en vol, et les bords blancs de la queue.
Le mâle présente une poitrine et des joues rose-brun, une calotte et une nuque bleu-gris, un dos brun et un petit croupion verdâtre. Son bec vire au bleu-gris à la belle saison.
La femelle est plus discrète, dans des tons brun-gris à olive, avec le ventre clair. Elle garde les mêmes barres blanches, ce qui évite de la confondre avec une femelle de moineau domestique, au plumage plus strié.
Les confusions possibles
En hiver, deux espèces méritent un second regard :
- Le pinson du Nord arrive de Scandinavie et de Russie pour passer la mauvaise saison chez nous. Il a les épaules et la poitrine orangées et, surtout, un croupion blanc très visible à l’envol.
- Le moineau domestique est plus trapu, à gros bec conique, sans barres blanches aussi nettes.
Si vous débutez, notre guide pour reconnaître les oiseaux du jardin présente d’autres espèces qui fréquentent les mêmes lieux.
Son chant, un concert de fin d’hiver
Le mâle commence souvent à chanter dès la fin de l’hiver. Sa phrase, brève et vigoureuse, dégringole en série de notes accélérées pour se terminer sur une petite fioriture. Le reste de l’année, on l’entend plutôt lancer un cri métallique et répété, souvent transcrit par « pink, pink ».
Où et quand l’observer
Le pinson des arbres vit partout où il y a des arbres : forêts, bocages, parcs, vergers et jardins. Présent toute l’année en France, il est partiellement migrateur : en hiver, nos oiseaux sédentaires sont rejoints par des individus venus du nord et de l’est de l’Europe.
Son nom scientifique, coelebs, signifie « célibataire ». Il rappelle qu’en Suède, Linné avait observé des mâles passant l’hiver sans les femelles, parties plus au sud. En France aussi, on observe en hiver de petits groupes, souvent mêlés à d’autres passereaux.
Que mange le pinson en hiver ?
À la belle saison, il nourrit ses jeunes d’insectes et de chenilles, très utiles au jardin. En hiver, il devient surtout granivore et cherche des graines au sol, sous les haies et les hêtres, où il apprécie les faînes.
Au jardin, il préfère manger au sol ou sur un plateau plutôt que sur une boule suspendue. Vous pouvez lui proposer :
- des graines de tournesol, de préférence décortiquées ;
- un mélange de petites graines, en quantité modérée ;
- des miettes de noisettes ou d’arachides non salées, bien fraîches.
Évitez le pain, les aliments salés et les restes de cuisine. Laissez aussi quelques massifs en place : graines de fleurs fanées, baies et feuilles mortes restent la meilleure des mangeoires naturelles. Notre guide pour nourrir les oiseaux en hiver vous donne les grands principes.
L’hygiène des mangeoires, une question vitale
Le pinson fait partie des oiseaux touchés par la trichomonose, une maladie parasitaire qui se transmet notamment par l’eau et la nourriture souillées. Des oiseaux gonflés, apathiques, qui peinent à avaler, doivent vous alerter. Dans ce cas, retirez mangeoires et abreuvoirs pendant quelques semaines afin que les oiseaux se dispersent.
Pour limiter ces risques, gardez ces réflexes tout l’hiver :
- nettoyez les mangeoires régulièrement à l’eau chaude, puis laissez-les sécher ;
- renouvelez l’eau des abreuvoirs chaque jour ;
- ne mettez que la quantité consommée en une journée ;
- ramassez les graines tombées et moisies au sol ;
- placez les postes de nourrissage à bonne distance des buissons où un chat pourrait se cacher.
Enfin, poursuivez votre nourrissage sans à-coups jusqu’à la fin des grands froids, puis réduisez-le progressivement au printemps, quand les insectes reviennent. Le pinson partage alors souvent le jardin avec le bouvreuil pivoine, la mésange ou le rouge-gorge : une belle occasion de sortir les jumelles.